Tableau électrique parties communes avec voyants lumineux dans local technique copropriété
Publié le 8 février 2026

La facture d’électricité des parties communes a encore grimpé. Vous regardez les chiffres, vous ne comprenez pas pourquoi l’ascenseur et quelques ampoules coûtent autant. Ce sentiment d’impuissance face à des charges qui explosent, je le retrouve dans presque toutes les copropriétés que j’accompagne. La bonne nouvelle : des leviers existent, et ils sont souvent plus simples à actionner qu’un changement de fournisseur.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un courtier en énergie ou votre syndic pour toute décision engageant votre copropriété.

L’essentiel pour réduire votre facture en 4 points

  • Vérifiez la puissance souscrite (premier levier, souvent surdimensionnée)
  • Choisissez la bonne version TURPE selon votre profil d’occupation
  • Comparez les offres de marché (obligatoire si compteur supérieur à 36 kVA)
  • Préparez le vote AG avec devis comparatifs

Pourquoi votre copropriété paie probablement trop cher son électricité

J’ai accompagné Mme Lefèvre l’année dernière, présidente du conseil syndical d’une résidence de 48 lots à Montreuil. Sa facture électricité parties communes avait bondi de 40% entre 2023 et 2024. Elle était persuadée qu’il fallait changer de fournisseur. Sauf qu’en analysant son contrat, j’ai découvert autre chose : une puissance souscrite surdimensionnée et une version tarifaire inadaptée. Résultat après ajustement ? 1 850 € d’économies annuelles, sans toucher au fournisseur.

Ce cas illustre une réalité que je constate régulièrement : la plupart des copropriétés ne paient pas trop cher parce qu’elles ont le mauvais fournisseur, mais parce que leur contrat n’a jamais été optimisé. Selon le guide officiel du CEDEF, le prix de l’électricité s’établissait à 260 €/MWh au premier semestre 2025. Mais ce prix ne dit rien sur ce que vous payez réellement : votre facture dépend aussi de la puissance, de la version tarifaire et des taxes.

L’audit des factures, première étape avant toute décision



-0,83%

Baisse moyenne des TRV proposée par la CRE au 1er février 2026

Cette baisse de 0,83% annoncée par Service-Public.fr semble dérisoire. Franchement, ce n’est pas ça qui va changer votre budget. Les vraies économies se trouvent ailleurs : dans les réglages de votre contrat que personne n’a jamais vérifiés.

Les 3 leviers pour réduire concrètement votre facture

Je recommande toujours de commencer par l’audit interne avant de chercher un nouveau fournisseur. C’est contre-intuitif, je sais. Mais dans les dossiers que je traite, l’ordre des priorités est clair : puissance, puis TURPE, puis fourniture.

Quel levier activer en priorité pour votre copropriété ?

  • Si compteur ≤ 36 kVA (cas le plus fréquent) :
    • Résidence principale occupée toute l’année → Vérifier puissance + version Longue Utilisation du TURPE + comparer TRV vs offres marché
    • Majorité de résidences secondaires → Version Courte ou Moyenne Utilisation + offre de marché adaptée
  • Si compteur supérieur à 36 kVA :
    Offre de marché obligatoire (plus de TRV depuis 2016). Priorité : audit puissance + TURPE + mise en concurrence fournisseurs.

Ajuster la puissance souscrite (le quick win méconnu)

Dans les audits de factures que je réalise pour des copropriétés en Île-de-France, l’un des problèmes les plus fréquents est une puissance souscrite surdimensionnée. Sur les dossiers traités, j’observe régulièrement des abonnements 15 à 25% plus élevés que nécessaire. Ce constat n’est pas généralisable et dépend des équipements de chaque immeuble, mais c’est souvent le premier poste d’économie.

Concrètement, si votre copropriété a un compteur de 24 kVA mais que la consommation réelle ne dépasse jamais 18 kVA, vous payez un abonnement inutilement élevé. Pour les tarifs actuels applicables selon la puissance, vous pouvez consulter les grilles sur opera-energie.com qui détaille les différentes options. L’ajustement se demande à Enedis via votre fournisseur, c’est gratuit une fois par an.

L’éclairage des parties communes représente une part variable selon les équipements



Choisir la bonne version tarifaire du TURPE

Le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité), c’est la part de votre facture qui rémunère Enedis pour l’acheminement. Vous ne pouvez pas le négocier, mais vous pouvez choisir la version adaptée à votre profil. Selon l’analyse de la CRE, l’accise sur l’électricité est fixée à 30,85 €/MWh depuis le 1er février 2026 pour les particuliers.

Versions TURPE : laquelle pour votre copropriété ?
Version Profil adapté Recommandation
Longue Utilisation (LU) Usage stable, ≥2000h/an à puissance max Résidence principale, occupation permanente
Moyenne Utilisation (MU) Besoins saisonniers Mixte résidences principales/secondaires
Courte Utilisation (CU) Usage irrégulier, moins de 2000h/an Majorité résidences secondaires

L’erreur classique ? Une copropriété en version CU alors que l’immeuble est occupé toute l’année. Ça arrive plus souvent qu’on ne le croit, surtout quand le contrat date de plusieurs années.

Comparer les offres de fourniture

Soyons clairs : le changement de fournisseur n’est pas toujours le meilleur levier. Mais si votre compteur dépasse 36 kVA, vous n’avez pas le choix : le tarif réglementé n’est plus accessible depuis 2016. Pour les copropriétés éligibles (compteur ≤ 36 kVA), le TRV reste une option, mais les offres de marché peuvent être compétitives.

Mon conseil : ne comparez pas uniquement le prix du kWh. Regardez les conditions de résiliation, la durée d’engagement et les éventuels frais cachés. Et si vous manquez de temps pour contacter dix fournisseurs, un courtier en énergie peut faire ce travail (sa rémunération est généralement versée par le fournisseur retenu).

Changer de fournisseur en copropriété : la procédure étape par étape

Selon la fiche pratique du Médiateur de l’énergie, le choix d’un nouveau contrat d’énergie nécessite un vote en assemblée générale. C’est un acte d’administration qui relève de la majorité de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965 (majorité des présents et représentés). Pas besoin de l’unanimité, mais il faut anticiper.


  • Audit de la facture actuelle et identification des leviers

  • Réception des devis comparatifs (2-3 fournisseurs minimum)

  • Présentation au conseil syndical avec analyse comparative

  • Vote en AG (majorité article 24)

  • Mise en service effective du nouveau contrat

Comptez généralement 2 à 3 mois entre la décision en AG et la mise en service effective. Le piège classique : les offres des fournisseurs ont une durée de validité courte, souvent 15 à 30 jours. Si vous demandez des devis trop tôt, ils seront périmés le jour de l’AG.

Votre kit pour l’assemblée générale


  • Factures des 12 derniers mois (pour calculer la consommation réelle)

  • 2-3 devis comparatifs de fournisseurs avec conditions détaillées

  • Analyse des économies potentielles en euros par an

  • Résolution type pour l’ordre du jour (changement fournisseur + délégation conseil syndical)

  • Arguments préparés pour répondre aux objections courantes

Pour aller plus loin sur la réduction des charges énergétiques, notamment si votre immeuble date d’avant 1990, vous pouvez consulter ce guide sur l’optimisation thermique des bâtiments collectifs qui aborde les travaux complémentaires.

Vos questions sur l’électricité en copropriété

Peut-on changer de fournisseur sans l’accord de tous les copropriétaires ?

Oui. Le changement de fournisseur relève de la majorité simple de l’article 24 (majorité des voix des présents et représentés). Vous n’avez pas besoin de l’unanimité ni même de la majorité absolue de tous les copropriétaires.

Le TRV est-il toujours moins cher qu’une offre de marché ?

Pas systématiquement. Le TRV sert de référence, mais certaines offres de marché affichent des prix inférieurs. La vraie question est la stabilité : le TRV évolue deux fois par an selon des règles encadrées, tandis que les offres de marché peuvent varier plus librement.

Combien de temps prend un changement de fournisseur en copropriété ?

Comptez 60 à 90 jours entre la première demande de devis et la mise en service effective. Le délai dépend surtout de la date de votre prochaine AG : si elle est dans 6 mois, le processus prendra 6 mois.

Qui s’occupe des démarches : le syndic ou le conseil syndical ?

En pratique, le conseil syndical prépare souvent le dossier (comparaison des offres, argumentaire). Le syndic exécute la décision votée en AG et signe le contrat. Une délégation de pouvoir au conseil syndical (article 25) peut accélérer le choix final.

Comment savoir si la puissance souscrite est adaptée ?

Demandez l’historique des dépassements de puissance à votre fournisseur. Si vous n’avez jamais dépassé la puissance souscrite sur 12 mois, elle est probablement surdimensionnée. À l’inverse, des dépassements fréquents signalent une puissance insuffisante.

Si vous envisagez des économies à plus long terme, notamment via la production locale d’électricité, explorez les solutions d’autoconsommation solaire collective qui peuvent compléter ces optimisations contractuelles.

La prochaine étape pour vous

Plutôt que de foncer tête baissée vers un changement de fournisseur, commencez par récupérer vos factures des 12 derniers mois. Vérifiez la puissance souscrite, identifiez la version TURPE en cours, calculez votre consommation réelle. Ces informations vous permettront de savoir si le problème vient du contrat ou du prix de l’énergie.

Si vous ne devez retenir qu’une chose : l’audit avant l’action. Les copropriétés qui économisent le plus sont celles qui ont commencé par comprendre leur facture avant de la renégocier.

Précautions avant de changer de fournisseur

  • Les tarifs indiqués sont ceux en vigueur en février 2026 et peuvent évoluer
  • Chaque copropriété a un profil de consommation spécifique nécessitant une analyse personnalisée
  • Le changement de fournisseur nécessite obligatoirement un vote en AG (article 24)

Consultez un courtier en énergie agréé ou le Médiateur national de l’énergie pour un accompagnement adapté à votre situation.

Rédigé par Antoine Dubois, consultant en optimisation énergétique pour copropriétés et bâtiments tertiaires depuis 2018. Basé à Lyon, il a accompagné plus de 120 copropriétés dans la réduction de leurs charges énergétiques, avec une spécialisation sur les contrats d'électricité parties communes. Son approche privilégie l'audit préalable des factures avant toute recommandation de changement de fournisseur. Il intervient régulièrement en formation auprès de syndics professionnels sur l'optimisation des contrats d'énergie.